Andrzej Wajda

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Andrzej Wajda est un réalisateur et scénariste polonais, né le 6 mars 1926 à Suwa?ki (Pologne). " Andrzej Wajda naît d'une mère institutrice et d'un père officier. Ce dernier est tué en 1940, lors du massacre de Katy?, orchestré par les soviétiques et camouflé en crime de guerre allemand. Le jeune Andrzej s'engage deux ans plus tard, à 16 ans, dans la résistance contre l'occupant nazi, au sein de l'armée de l'intérieur polonaise, Armia Krajowa. À la fin de la guerre, il fait des études de cinéma à l'Académie des beaux-arts de Cracovie, puis à ?ód?, dont il fréquente l'école de cinéma.
Il passe à la réalisation avec Génération en 1955 où il rompt déjà avec le ton partisan des productions de l'époque. En 1972, il est appelé à présider l'Union des cinéastes polonais.
Proche des idées libérales de Solidarno??, il se lie d'amitié avec Lech Walesa qui le nomme au comité des citoyens auprès du syndicat en 19881. Il a souvent été ennuyé par la censure pour sa critique virulente des méthodes utilisées sous le stalinisme et pour l'évocation d'une Pologne en crise, aspirant à la liberté et à la démocratie ; sujets qu'il traite notamment dans son diptyque, L'Homme de marbre et L'Homme de fer, tourné durant les premiers événements provoqués par le syndicat Solidarno??. Wajda n'en est pas moins resté une sommité artistique et une instance morale pour son pays, avant comme après l'ère communiste.
Il est aussi metteur en scène de théâtre et il est marié à l'actrice Krystyna Zachwatowicz.
Son œuvre cinématographique a été récompensée au plus haut niveau : le cinéaste a notamment reçu un Prix spécial du jury et une Palme d'or à Cannes, deux César et un prix Louis-Delluc à Paris puis un Oscar d'honneur à Hollywood, couronnant en 2000 l'ensemble de sa carrière.
Considéré comme le plus grand cinéaste polonais vivant1, Wajda a réalisé plusieurs fresques aux accents épiques et au ton romantique, bien loin de l'exercice de propagande propre au réalisme socialiste. Le réalisateur cherche à s'éloigner de la promotion du mode de vie communiste sur lequel il jette un regard lucide et acéré. Sa vision baroque du cinéma et de l'art, qui ne recule pas devant la représentation de la violence, côtoie les grands thèmes de l'histoire nationale dans laquelle il puise son inspiration. Jouant d'un certain symbolisme et traitant des mutations de la société polonaise d'après 1945, ses films sont généralement axés sur le conflit opposant aspirations individuelles et engagement politique1.
Ce dilemme moral sert par ailleurs à placarder le culte nationaliste de l'héroïsme1 et à dénoncer la bêtise, la haine, le mépris et la compromission politique. L'abnégation et le don de soi sont promus sur un plan personnel (Ils aimaient la vie, Cendres et diamant, Le Bois de bouleaux, La Terre de la grande promesse, L'Homme de marbre, L'Homme de fer, Korczak, Pan Tadeusz). Cosmopolite, Wajda a réalisé en France une œuvre historique fiévreuse sur les derniers jours du Jacobin Georges Danton : Danton (1982) avec Gérard Depardieu dans le rôle-titre.
Il a aussi adapté en 1988 Les Possédés de Fédor Dostoïevski dans lequel il dirigeait Isabelle Huppert et Lambert Wilson. Il avait auparavant mis en scène un drame sur les amours malheureuses d'une Allemande et d'un Polonais durant la Seconde Guerre mondiale : Un amour en Allemagne (1983) avec Hanna Schygulla.