Les Coquelicots rouges du Mont Cassin

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Les Coquelicots rouges du Mont Cassin (Czerwone maki na Monte Cassino) est un chant militaire polonais de la Seconde Guerre mondiale.

Au début de l'année 1944, un bastion allemand retranché dans l'ancienne abbaye, au sommet du Mont Cassin, bloquait l'avance vers Rome des Alliés.
Les forces armées avaient tenté, depuis la mi-janvier, de prendre la forteresse allemande.
Elle coûtera aux Alliés 115 000 hommes. Les Français, ou plus précisément les Goums, les tabors marocains et les Tirailleurs tunisiens subissent des pertes effroyables
Débarqués en Sicile en juillet 1943, 50 000 soldats du 2e corps polonais du général Wladyslaw Anders, sous le commandement du général Eisenhower ont participé à la campagne d'Italie.
Le 11 mai 1944, le quatrième assaut est majeur, les troupes polonaises livrent bravement bataille.
L'assaut avait été précédé de préparatifs, courts et discrets pour ne pas alerter l'adversaire : les sapeurs polonais ont aménagé, de nuit, chemins et routes pour acheminer en secret équipements et munitions le plus près possible du sommet et de l'abbaye. Ce chemin conserva longtemps son appellation de "Chemin du génie (ou des sapeurs) polonais".
Participèrent à la bataille, la 5e Division des Confins, commandée par le général Nikodem Sulik, et la 3e Division de chasseurs des Carpates, commandée par le général Duch.
La partie sommitale, complètement à découvert, offrait peu d'abris naturels. Les Polonais s’accrochèrent néanmoins au terrain sous le feu allemand.
Mettant un terme à deux mois d'infructueux assauts alliés contre le rocher du monastère bénédictin et au prix d’énormes sacrifices, le 18 mai 1944 à 10 h 20, les soldats polonais du général Anders eurent l'honneur de hisser sur les ruines du monastère du Monte Cassino, le drapeau du 12e régiment de lanciers Podolski, faute de drapeau national polonais disponible. Un clairon fit sonner le "hejnal mariacki", la mélodie jouée chaque heure à la Basilique Sainte-Marie de Cracovie.
La victoire a été chèrement acquise, mais la route de Rome était ouverte.
Les pertes polonaises s'élevèrent à :
Tués : 72 officiers, 788 sous-officiers et hommes de troupe ;
Blessés : 204 officiers, 2 618 sous-officiers et hommes de troupe ;
Disparus : 5 officiers, 97 hommes de troupe.

Le 18 mai 2004, le Pape Jean-Paul II dit dans un discours s’adressant au Président de la République polonaise :
« Chaque Polonais se souvient avec orgueil de cette bataille qui, grâce à l'héroïsme de l'armée commandée par le général Anders, ouvrit aux Alliés la route de la libération de l'Italie et de la défaite des envahisseurs nazis. Au cimetière militaire du Monte Cassino, se trouvent des tombes surmontées de croix latines et grecques, ainsi que des pierres tombales portant l'étoile de David. Là-bas reposent les héros tombés au feu, unis par l'idéal de lutter pour "votre liberté et pour la nôtre", qui inclut non seulement l'amour pour sa propre patrie, mais également la sollicitude pour l'indépendance politique et spirituelle d'autres nations. »

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La chanson est composée au cours de la nuit du 17 mai 1944 au 18 mai 1944.
Feliks Konarski, poète et compositeur-interprète, soldat du Deuxième corps polonais du général Anders, alors en garnison à Campobasso, participe à une représentation du Théâtre des soldats polonais.
Plus tard dans la soirée, ne trouvant pas le sommeil à cause de la bataille toute proche, il commence à rédiger le texte d’une chanson sur le mont Cassin. Dans la nuit, il réveille Alfred Schütz, son compagnon de troupe, en le priant de mettre une musique sur les paroles à peine écrites.
Le troisième couplet, commandé par le major général Wladyslaw Anders, est écrit quelques jours plus tard, alors que Feliks Konarskicroise une tombe de soldat ornée d’une croix rudimentaire, d’une bande blanche légèrement inclinée et un bouquet de coquelicots au fusil. Il compose alors le 3e couplet dans le camion qui les transporte : «Vois-tu cette rangée de croix blanches… »
Le 18 mai 1944, la bataille prend fin et l’étandard blanc et rouge de la Pologne flotte sur le mont Cassin.

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Quelques jours plus tard, pour célébrer la victoire de la Pologne, la chanson est interprétée dans les quartiers généraux du général Anders : «les coquelicots rouges du Mont Cassin, au lieu la rosée, buvaient du sang polonais...»

Et, c'est un quart de siècle après, en 1969, pour célébrer le 25e anniversaire de la bataille, que le quatrième et dernier couplet est ajouté.

Czerwone maki na Monte Cassino

Czy widzisz te gruzy na szczycie ?
Tam wróg twój się ukrył jak szczur.
Musicie, musicie, musicie
Za kark wziąć i strącić go z chmur.
I poszli szaleni zaźarci,
I poszli zabijać i mścić,
I poszli jak zawsze uparci,
Jak zawsze za honor się bić.

Czerwone maki na Monte Cassino
Zamiast rosy piły polską krew.
Po tych makach szedł żołnierz i ginął,
Lecz od śmierci silniejszy był gniew.
Przejdą lata i wieki przeminą.
Pozostaną ślady dawnych dni
I tylko maki na Monte Cassino
Czerwieńsze będą, bo z polskiej wzrosną krwi.

Runęli przez ogień, straceńcy,
Niejeden z nich dostał i padł,
Jak ci z Somosierry szaleńcy,
Jak ci spod Racławic sprzed lat.
Runęli impetem szalonym,
I doszli . I udał się szturm.
I sztandar swój biało czerwony
Zatknęli na gruzach wśród chmur.

Czerwone maki...

Czy widzisz ten rząd białych krzyży ?
Tam Polak z honorem brał ślub.
Idź naprzód, im dalej, im wyżej,
Tym więcej ich znajdziesz u stóp.
Ta ziemia do Polski należy,
Choć Polska daleko jest stąd,
Bo wolność krzyżami się mierzy,
Historia ten jeden ma błąd.

Czerwone maki...

Ćwierc wieku, koledzy, za nami,
Bitewny ulotnił się pył
I klasztor białymi murami
Na nowo do nieba się wzbił...
Lecz pamięć tych nocy upiornych
I krwi, co przelała się tu,
Odzywa się w dzwonach klasztornych,
Grających poległym do snu...

Czerwone maki...

Les coquelicots rouges de Monte Cassino.

Vois-tu ces ruines sur les cimes ?
C'est là-bas que ton ennemi se cache comme un rat.
Vous devez, vous devez, vous devez,
Par la nuque l'attraper et le précipiter des nuages.
Et ils y sont allés, fous et hagards,
Et ils y sont allés, pour tuer et venger,
Et ils y sont allés, comme toujours déterminés,
Comme toujours se battre pour l'honneur.

Les coquelicots rouges du Mont Cassin
A la place de la rosée, buvaient le sang polonais
Dans ces coquelicots, un soldat est passé et a péri,
Mais la mort a renforcé la colère
Nous traverserons les années et passeront les siècles,
Ne resteront des traces des jours anciens,
Et seulement les coquelicots de Mont Cassin
Seront plus rouges car ils pousseront du sang polonais.

Ils s'effondrèrent sous le feu, desperados,
Plus d'un fut touché et tomba,
Comme ces fous de Somosierra,
Comme ceux au sud de Racławice auparavant.
Ils chargèrent par la force d'un élan fou ,
Et aboutirent. Et l'attaque fut couronnée de succès.
Et leur drapeau blanc et rouge
Ils le plantèrent sur les ruines entre les nuages.

Les coquelicots rouges ...

Vois-tu cette rangée de croix blanches ?
Là les polonais se marièrent avec l'honneur,
En avant, plus loin, plus haut,
Mais les plus nombreux tu les trouveras à tes pieds.
Cette terre appartient à la Pologne,
Bien que la Pologne soit loin de là,
Car la liberté se mesure au nombre de croix,
C'est un défaut qu'a l'Histoire.

Les coquelicots rouges...

Un quart de siècle, collègues, pour nous,
La poussière de la bataille s'est dispersée,
Et le monastère de murs blancs,
De nouveau vers le ciel s'élance...
Mais le souvenir de ces nuits cauchemardesques,
Et du sang versé ici,
Revient par les cloches du monastère
Qui sonnent pour l'endormissement des morts...

Les coquelicots rouges ...