Le camp de Coëtquidan à l'heure polonaise

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Le 1er septembre 1939 l'Allemagne envahit la Pologne, provoquant l'entrée en guerre de la France et de l'Angleterre deux jours plus tard. Conformément au pacte germano-soviétique, la Pologne est envahie par l'URSS le 17 septembre. Varsovie capitule le 27 septembre.

Le 9 septembre 1939, un accord franco-polonais prévoit la création d'une division polonaise en France. Un recensement est mené dans toutes les communes, auprès des citoyens polonais de sexe masculin, résidant ou de passage en France, âgés de 17 à 45 ans, et n'ayant pas contracté d'engagement dans l'armée française. Un tableau conservé aux Archives départementales du Morbihan indique la présence de 45 polonais dans le département le 29 septembre 1939. Des commissions de révision sont mises en place pour déterminer l'aptitude physique des hommes recensés destinés à être mobilisés. Dans le département, la commission siège à Lorient le 23 octobre 1939, elle examine également les Polonais recensés dans le Finistère, soit 80 personnes. En France, sur 123 000 Polonais recensés, près de 50 000 sont désignés aptes pour le service armé. Des camps d'instruction sont mis en place, dont l'un s'installe à Coëtquidan.

Fin septembre, alors que l'Allemagne et l'URSS contrôlent la Pologne, le gouvernement polonais refuse de se rendre et décide de fuir avec son armée. Le président de la République polonaise en exil, W. Raczkiewicz, choisit comme premier ministre le général Wladyslaw Sikorski. En novembre, le gouvernement s'installe à Angers. Désigné également comme chef des armées, le général Sikorski entreprend la formation de l'armée polonaise en exil en France. Une mission franco-polonaise sous le commandement du général Denain est chargée d'assurer la coordination des actions militaires entre les deux armées. L'encadrement est assuré par des officiers polonais ayant évacué à l'automne 1939. L'organisation des unités suit le modèle français. L'entraînement est intensif malgré la pénurie d'équipement et d'armement.

Au mois de mars 1940, 22 000 hommes occupent le camp de Coëtquidan. Celui-ci ne peut bientôt plus faire face à cette affluence et des régiments sont alors répartis dans la région comme à Guer ou à Augan par exemple. Afin d'assurer le cantonnement des troupes, des réquisitions ont lieu dans plusieurs communes autour du camp de Coëtquidan comme à Porcaro qui doit héberger, en février 1940, près de 564 soldats dont 82 à l'école communale. Au mois de juin 1940, l'armée polonaise est composée d'environ 84 000 hommes, répartis en quatre divisions et plusieurs brigades spécialisées. Ces unités participent largement à la défense de la France. Après la défaite de juin 1940, le gouvernement polonais en exil s'installe à Londres. Les soldats rejoignent la Grande-Bretagne où des unités sont reconstituées et une division militaire blindée créée (février 1942). Beaucoup de soldats polonais participeront ainsi au débarquement et aux combats de la Libération.